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Vendre ses bijoux en or sans se tromper : poinçons, pesée et paiement
Poinçons, carats, pesée devant soi, prix fixé en fonction du cours du jour, contrat et paiement : comment vendre ses bijoux en or sereinement.

Une chaîne cassée, une bague qu’on ne porte plus, une paire de boucles d’oreilles orpheline : beaucoup de foyers gardent des bijoux en or au fond d’un tiroir. Les vendre peut dégager une somme utile, à condition de savoir ce que l’on vend et de connaître ses droits. La vente d’or à un professionnel est encadrée par la loi, et quelques vérifications simples évitent les mauvaises surprises.
Étape 1 : identifier ce que l’on a
Avant de pousser la porte d’un acheteur, faites l’inventaire de vos bijoux et regardez-les de près, à la loupe si possible.
- Les poinçons : en France, un bijou en or porte en principe au moins deux marques, le poinçon de garantie, qui atteste le titre, et le poinçon du fabricant ou de l’importateur. Le poinçon en forme de tête d’aigle signale l’or à 750 millièmes fabriqué en France.
- Le titre : il indique la proportion d’or pur dans l’alliage, en millièmes. Les titres légaux de l’or sont 999, 916, 750, 585 et 375 millièmes. L’or 750 correspond à l’ancien 18 carats, soit 75 % d’or pur ; le 375, ou 9 carats, est le minimum pour employer le mot « or ».
- Les pierres et la signature : une pierre fine ou un bijou signé d’une grande maison peut valoir bien plus que son poids d’or. Mettez-les de côté, ils méritent une estimation à part.
Un bijou sans poinçon lisible n’est pas forcément faux : les petites pièces de moins de trois grammes sont dispensées du poinçon de garantie, et l’usure efface les marques. Le professionnel le vérifiera.
Étape 2 : comprendre comment le prix est établi
Un acheteur d’or propose un prix établi en fonction du cours du jour, diminué de ses frais et de sa marge. Pour un bijou acheté pour son métal, le calcul part du poids et du titre : on en déduit la quantité d’or pur, puis on applique le tarif du professionnel pour ce titre.
La DGCCRF rappelle que le professionnel n’est pas obligé d’aligner son prix sur le cours de l’or et qu’un simple renvoi au cours ne suffit pas : le prix d’achat doit être affiché, en boutique comme sur le site internet. Comparez donc les prix affichés, au gramme et par titre, chez deux ou trois professionnels avant de vous décider. Les écarts peuvent être sensibles.
Étape 3 : exiger la pesée et l’examen devant soi
La pesée doit être faite devant vous, avec une balance de professionnel suffisamment précise. Ne laissez pas partir vos bijoux « pour expertise » dans une arrière-boutique ou par la poste sans un récépissé détaillé. Le professionnel peut tester le métal (pierre de touche, acides, appareil d’analyse) ; demandez-lui d’expliquer ce qu’il fait et ce qu’il en conclut.
C’est la démarche que suit, par exemple, une boutique strasbourgeoise qui estime les bijoux devant le client, avec un règlement par virement ou chèque.
Étape 4 : le contrat et la pièce d’identité
Depuis la loi du 17 mars 2014, tout achat de métaux précieux par un professionnel à un particulier doit faire l’objet d’un contrat écrit, dont un exemplaire vous est remis. Il mentionne notamment :
- l’identité et le numéro d’immatriculation du professionnel ;
- vos coordonnées ;
- la date et le lieu du contrat ;
- la désignation précise des objets, leur poids et leur titre en millièmes ;
- le prix toutes taxes comprises.
Le professionnel vous demandera aussi une pièce d’identité en cours de validité : il doit inscrire chaque achat et l’identité du vendeur dans un registre, le « livre de police », qui sert à lutter contre le recel d’objets volés. C’est une obligation légale, pas un excès de zèle.
Étape 5 : le paiement, jamais en espèces
Le paiement en espèces des métaux précieux achetés à un particulier est interdit. Le professionnel doit vous payer par chèque barré à votre nom ou par virement sur un compte ouvert à votre nom. Méfiez-vous de quiconque propose de régler en liquide « pour aller plus vite ». Toutes ces règles sont présentées sur la fiche de la DGCCRF consacrée au rachat de métaux précieux.
Étape 6 : le délai de rétractation de 48 heures
Après la signature, vous disposez d’un droit de rétractation de 48 heures, sauf pour l’or d’investissement. Si vous changez d’avis, vous remboursez le prix perçu et le professionnel vous rend vos bijoux. Le contrat doit comporter un formulaire de rétractation. C’est une raison de plus pour ne pas faire fondre ses bijoux trop vite : demandez si l’acheteur conserve les objets pendant ce délai.
La fiscalité de la vente
Les bijoux relèvent d’un régime particulier : la taxe forfaitaire de 6 %, plus 0,5 % de CRDS, s’applique lorsque le prix de cession dépasse 5 000 €. En dessous, la vente en est exonérée. Les débris et déchets de métaux précieux, en revanche, relèvent du régime des métaux précieux, à 11,5 % : notre article sur l’or cassé et dépareillé revient sur cette nuance. Quand l’acheteur est un professionnel, c’est en principe lui qui s’occupe de la déclaration.
Les pièges à éviter
- Les achats d’or organisés dans une salle d’hôtel ou une salle des fêtes, annoncés par tract, et le démarchage à domicile.
- Les envois postaux à des sites inconnus, sans contrat ni estimation préalable.
- La pression pour signer tout de suite.
- Le mélange de bijoux de valeurs très différentes dans un même lot pesé au poids.
Enfin, gardez à l’esprit qu’un bijou peut avoir une valeur sentimentale qui ne se rachète pas. Si la décision est difficile, notre article sur les bijoux reçus en héritage présente d’autres solutions que la vente.
Cet article est une information générale. Les règles citées sont celles en vigueur à la date de publication ; en cas de doute, renseignez-vous auprès de la DGCCRF ou d’une association de consommateurs.
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