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Les pièces d'or d'investissement : Napoléon, Krugerrand, Souverain, Maple Leaf

Poids, titre et or fin des principales pièces d'or, prime, exonération de TVA et fiscalité à la revente : le guide des pièces d'or d'investissement.

Les pièces d'or d'investissement : Napoléon, Krugerrand, Souverain, Maple Leaf

Pour qui veut détenir de l’or physique, les pièces sont souvent la porte d’entrée. Plus petites qu’un lingot, faciles à identifier et à revendre à l’unité, elles permettent de fractionner son achat comme sa revente. Mais toutes les pièces ne se valent pas : poids, titre, prime et notoriété diffèrent d’une pièce à l’autre. Voici les repères essentiels, à titre d’information générale.

Ce qui fait une pièce d’or d’investissement

Pour la fiscalité française, une pièce est considérée comme de l’or d’investissement si elle remplit plusieurs conditions cumulatives :

  • un titre d’au moins 900 millièmes ;
  • une frappe postérieure à 1800 ;
  • un cours légal, actuel ou passé, dans son pays d’origine ;
  • un prix de vente habituel qui ne dépasse pas de plus de 80 % la valeur de l’or qu’elle contient.

Chaque année, avant le 1er décembre, la Commission européenne publie la liste des pièces qui seront considérées comme de l’or d’investissement l’année suivante. Ces conditions figurent dans la documentation fiscale officielle sur le régime de l’or d’investissement. Leur principal intérêt pour l’acheteur : ces pièces sont exonérées de TVA.

Les grandes pièces, en un tableau

PiècePaysPoids totalTitreOr fin
20 francs « Napoléon »France6,45 g900 ‰5,81 g environ
SouverainRoyaume-Uni7,98 g916,7 ‰ (22 carats)7,32 g environ
Krugerrand 1 onceAfrique du Sud33,93 g916,7 ‰ (22 carats)31,10 g (1 once)
Maple Leaf 1 onceCanada31,11 g999,9 ‰31,10 g (1 once)

Le Napoléon 20 francs

C’est la pièce d’or la plus connue des épargnants français. Le terme « Napoléon » désigne l’ensemble des pièces de 20 francs or frappées au XIXe et au début du XXe siècle, à l’effigie de Napoléon Ier, de Napoléon III, mais aussi de Louis XVIII ou de la Marianne au coq, toutes au même standard. Sa petite taille en fait une pièce facile à acheter et à revendre à l’unité.

Le Souverain britannique

Frappé par la Royal Mint, le Souverain existe en de nombreux millésimes, à l’effigie des souverains successifs. En or à 22 carats, il contient un peu plus de sept grammes d’or fin.

Le Krugerrand sud-africain

Lancé en 1967, le Krugerrand a été l’une des premières pièces d’investissement d’une once d’or. Son alliage à 22 carats, avec du cuivre, lui donne une teinte légèrement orangée et une bonne résistance aux rayures. Attention : la mention « 1 once » désigne l’or fin contenu, pas le poids total de la pièce.

La Maple Leaf canadienne

Émise par la Monnaie royale canadienne depuis 1979, la Maple Leaf est en or pur à 999,9 millièmes depuis 1982. L’or pur étant plus tendre, elle se raye plus facilement : manipulez-la avec soin et conservez-la dans sa capsule.

D’autres pièces d’une once en or pur, comme la Philharmonique autrichienne ou la Britannia britannique, suivent la même logique.

La prime, un critère de choix

Le prix d’une pièce ajoute à la valeur de son or fin une prime, qui dépend de la demande pour cette pièce, de sa notoriété, de son état et de la taille du lot. Sur les petites pièces comme le Napoléon, elle est souvent plus forte en proportion que sur les pièces d’une once. Elle varie aussi dans le temps : en période de forte demande, elle peut augmenter nettement.

Comparez donc toujours le prix total à la valeur de l’or contenu, et demandez au vendeur à quel prix il rachète la même pièce. L’écart entre les deux vous indique le chemin que le cours devra parcourir avant que l’achat devienne intéressant. À Cannes, par exemple, un professionnel cannois des pièces et lingots d’or présente en boutique les principales pièces d’investissement, du Napoléon au Souverain : l’occasion de les voir de près et de poser ses questions sur la prime avant d’acheter.

L’état de la pièce

Pour une pièce d’investissement courante, l’état compte surtout lorsqu’il est mauvais : une pièce trouée, très usée ou nettoyée de façon agressive se revend moins bien. À l’inverse, certains millésimes rares ou des pièces en état exceptionnel relèvent davantage de la numismatique que de l’investissement. Notre article pour faire estimer une pièce ancienne explique comment faire la différence.

Ne nettoyez jamais une pièce d’or vous-même : vous risquez de la rayer et de lui faire perdre de la valeur.

La fiscalité à la revente

À la revente, un particulier domicilié en France relève par défaut de la taxe forfaitaire sur les métaux précieux : 11 % du prix de cession, plus 0,5 % de CRDS, soit 11,5 %. Sur option, s’il peut justifier la date et le prix d’acquisition, il peut être imposé sur la plus-value, avec un abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième et une exonération totale après vingt-deux ans. Pour les pièces, la preuve suppose que les pièces vendues puissent être rattachées à la facture d’achat : gardez factures, capsules et emballages d’origine. Notre guide pour acheter de l’or physique compare les deux régimes.

Les bons réflexes

  1. Acheter auprès d’un professionnel identifié, avec facture détaillée (pièce, millésime, poids d’or, prix).
  2. Vérifier les dimensions et le poids d’une pièce achetée d’occasion : les contrefaçons existent.
  3. Préférer les pièces les plus courantes, qui se revendent le plus facilement.
  4. Stocker les pièces à l’abri, dans des capsules ou des étuis, et vérifier son assurance.
  5. Ne pas investir dans l’or l’argent dont on pourrait avoir besoin à court terme.

Cet article est une information générale et ne constitue pas un conseil en investissement. Le cours de l’or fluctue et peut baisser. Les règles fiscales citées sont celles en vigueur à la date de publication.

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